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Benjamin Faleyras

Benjamin Faleyras, à l’origine de nombreux projets (co-création de la chorale « Gospel Voices », etc.) est auteur, compositeur et interprète. Désireux de faire évoluer le gospel francophone, Benjamin monte sa formation le « Carribean Gospel » et enregistre l’album « Ensemble ». Comprenant des compositions en français et en créole, cet album au très large succès reste aujourd’hui encore, la référence du genre. En 2011, suit un second album : « Le pouvoir d’amour » faisant la part belle à une musique teintée de Gospel traditionnel, de Blues, de Rhythm’n’blues et autres sons caribéens et servies par des textes d’une grande profondeur. Il nous revient aujourd’hui avec un projet monumental : « GOSPEL SUR LA COLLINE », sa comédie musicale qui ne comporte pas moins de vingt chansons avec une orientation « old school » en français et servie par une quarantaine d’artistes, chanteurs, comédiens, musiciens, danseurs, en live sur scène…

Interview

Le mercredi 18 mars 2015, l’équipe de Twinkle Twinkle advertising rencontrait Benjamin Faleyras, créateur de la comédie musicale Gospel sur la Colline. C’était l’occasion pour Benjamin de présenter l’envers du décor du spectacle. Il y a évoqué notamment son enfance, son amour pour la langue française, son rapport au gospel et son avis sur les comédies musicales.


Bonjour Benjamin, nous sommes ravis de te recevoir dans notre agence. Nous allons te poser quelques questions pour mieux te connaitre. Tout d’abord, pourquoi avoir choisi de réaliser une comédie musicale en français ?

Quand j’étais petit je vivais à St Martin. Dans les églises on parlait et on chantait en anglais. Les révérends étaient complètement hâbités par leur prêche. Il faisait très chaud : ils transpiraient, s’essuyaient avec leurs mouchoirs et chantaient “hallelujah, praise the lord”. C’était vraiment très dynamique. Et quand je suis arrivé à Paris ça a été un choc : on ne retrouvait pas cette façon de s’exprimer. On chantait du cantique bien sagement : si on avait le malheur de bouger et de vivre la musique on nous reprenait. Je me suis dit : un jour il faudrait vraiment que je remette le gospel dans son vrai contexte. Il faudrait que je crée un spectacle où on aurait un révérend, ses paroissiens, des échanges avec des vraies chansons. Mais je me suis dit que si je faisais ça dans une église, ça ferait trop “show d’église” comme à Harlem et ça ne serait pas suffisant. Il me fallait une histoire derrière et surtout une histoire d’amour avec des destins croisés. J’ai laissé germer l’idée et puis un jour, j’ai écrit. Ce n’est pas juste une histoire autour de l’église, c’est un spectacle qui se passe à La Nouvelle Orléans, autour de la communauté noire et du gospel. J’ai voulu des chansons sentimentales autour de ça. C’est pour ça qu’on retrouve du blues, de la variété française, du R’N’B et bien sûr du gospel. On a fait en sorte qu’en secouant le tout on obtienne une comédie musicale comme je l’imaginais : Gospel Sur La Colline.

Qu’est-ce-que le gospel français pour toi ?

J’aime notre langue. Je trouve que les chansons en français sont beaucoup plus fortes qu’en anglais. Quand tu traduis les paroles d’une chanson en anglais, c’est basique. J’aime beaucoup Lionel Richie et quand tu écoutes ses paroles tu comprends parce que c’est relativement facile à traduire. Alors qu’en français, c’est une langue beaucoup plus riche. On a des contre-sens, des images, des comparaisons et c’est beaucoup plus poétique. J’aime les chansons à texte. J’ai grandi en écoutant des personnes comme Moustaki, Régiani, Barbara, Mouloudji, Léo Ferré, Jacques Brel, Zazie… Ces gens là m’ont fait aimer la chanson française. C’était des textes incroyables.

C’était une véritable envie de ta part de redonner du sens à la chanson française ?

Complétement. Si on fait sonner les mots, on peut faire du gospel en français. On a bien repris dans les années 60 les yéyés ont bien adaptés le rock en français. Et puis aujourd’hui, on a une scène française rock. Pareil pour le rap. Quand le rap est arrivé en France, on se demandait ce que c’était et surtout on était surpris par le rap en français. N’empêche qu’on a aujourd’hui une scène rap française. Donc pourquoi pas le gospel ?

Tu as cette envie de Gospel en français depuis bien longtemps, on peut donc dire que tu es le pionnier du gospel en français ?

Oui, on peut dire que je suis le pionnier du gospel français. Mes pairs m’ont même bien ri au nez jusqu’à ce que je sorte mon premier album. Avec ma première chorale “Carribean gospel”, on chantait un peu en anglais mais beaucoup plus en français. J’ai bien vu qu’en français ça allait marcher parce que je voyais l’adhésion du public et qu’ils comprennaient enfin les chants gospel. La réaction des gens est venue de là : de la force des textes qu’ils comprennaient. Le gospel est un style musical où l’on partage. La plupart des gens qui viennent voir un concert de Gospel ne parlent pas forcément l’anglais. Ils tapent des mains mais ne comprennent pas vraiment le sens de la chanson… Mais là, en chantant en français, on donne du sens au texte. Et tu peux pas partager si les gens ne comprennent pas ce que tu veux dire. Le partage, l’amour, l’humanitaire.

Comment as-tu casté ta troupe ?

Je ne voulais pas d’artistes étant dans la démonstration de leur talent. Nous sommes là pour faire passer un message. Alors nous avons choisi des gens humbles qui bien que talentueux, savent partager avec le public leur chant, leur art. J’ai préféré choisir des personnes moins connues mais dont le talent est indiscutable, et qui ont un état d’esprit proche du mien. Des gens simples, qui ont envie de partir en tournée, et qui ont la passion. Les membres de la troupe sont des gens qui seront toujours émerveillés par ce qui leur arrive et par le fait que le public vienne vers eux.

Que penses-tu des comédies musicales actuelles ?

Il y a des choses qui me plaisent et d’autres moins. J’ai beaucoup aimé, à l’époque, les 10 commandements et Notre Dame de Paris : c’était deux très belles comédies musicales. Après, il y a eu beaucoup de choses qui se ressemblent car aujourd’hui les comédies musicales doivent plaire au plus grand nombre et surtout à la jeunesse. On ne prend plus de risques : on reprend des personnages, des films ou même des dessins animés existants. Une des mes comédies musicales coup de coeur et révélatrice a été Starmania de Berger et Plamondon. C’est un spectacle qui a été bâti de A à Z avec une vraie histoire derrière. J’ai voulu faire la même chose pour Gospel sur la Colline. Notre spectacle est donc novateur car j’ai voulu revenir aux origines de la comédie musicale. Aujourd’hui, beaucoup de comédies musicales font de la programmation musicale. Il n’y a plus d’orchestre live. Alors que nous, on a préféré refaire comme dans les comédies musicales à l’américaine où tout est joué sur scène.

D’ailleurs, pour ton spectacle, l’originalité vient aussi du nom “Gospel sur la colline” qui place le genre musical dans son titre.

Oui, c’est vrai ! Ca permet de différencier notre comédie musicale des autres : on assume ce style. Dès le titre on sait que c’est du gospel mais pas que. On retrouve d’autres genres musicaux comme le jazz, le blues et la variété française. On crée quelque chose, on ne se sert pas de quelque chose qui existe déjà. Chanter en français c’est aussi la meilleure façon de “résister” et de ne pas succomber à la tentation de faire quelque chose en anglais, comme cela se fait beaucoup aujourd’hui. L’idée de faire cette comédie musicale en français c’est qu’on pourrait facilement l’exporter à l’étranger : profiter de la notoriété du “made in france” à Londres, aux Etats-Unis, au Canada…? Faire l’inverse des comédies musicales américaines ou anglaises venant jouer en France. De plus, le seul fait de chanter en français attire. Pour les étrangers, le français c’est romantique, c’est la langue de l’amour, ils adorent la France et tout ce qui s’y rapporte.

Merci Benjamin. On a hâte de voir ce beau spectacle le 04 septembre aux Folies Bergère.

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